Lâche prise

 

Ami : Je réalise maintenant combien je veux encore m’accrocher à mes enfants. Je suis seulement en train de commencer à tomber amoureuse d’eux. C’est comme si j’avais eu des enfants pour qu’ils soient là pour moi quand je serais vieille. Pendant longtemps j’ai pensé qu’ils étaient comme des ‘objets’ qui étaient dans ma vie pour faire ce qu’on leur disait. Et je voulais en retirer un bénéfice quand ils seraient grands. Mais dans le groupe d’expression ce matin, j’ai pu voir que je voulais vraiment être particulière. Je voulais vraiment être leur mère et je ne voulais pas que qui que ce soit d’autre soit tout pour eux. Je pense que j’ai vraiment besoin d’aide par rapport à cela. Je n’ai vraiment pas envie de lâcher cela. J’ai l’impression qu’ils sont tout pour moi.

David : Sur le chemin spirituel, sous la surface, il y a une profonde croyance en la perte, et elle se joue de différentes façons à la surface de la conscience : la colère et la rage de l’ego qui veut que le monde de l’illusion soit vrai et qui a de la rage contre Dieu et espère qu’il va céder et donner réalité au fantasme. Assez tardivement dans le texte de Un Cours en Miracles, Jésus parle du concept de soi versus le Soi. En gros ce que nous apprenons, c’est que tout qui vient dans ce monde se fait un concept de ce qu’il est et de ce qu’est l’amour et les pourchasse littéralement, intensément, de différentes manières. Pour certains cela va se faire au travers d’enfants, pour d’autres au travers d’animaux ; parfois cela inclut un partenaire ou un travail ou une carrière. Sous quelque forme que cela apparaisse, cela va devenir la pièce maîtresse de leur identité dans ce monde.

Le travail du Saint-Esprit est d’échanger les concepts de soi. En d’autres mots, cela serait trop traumatisant – et le mental ne voudrait jamais y consentir – d’échanger directement le concept de soi avec celui du Soi ou de l’amour divin, et donc le processus va être d’échanger les concepts de soi entre eux. Le processus se fait via le fait que le Saint-Esprit nous donne un concept de nous plus large dans lequel nous glisser. Alors on se glisse dans un autre et puis encore un autre. A chaque fois, il y a un changement dans notre concept de nous. Il y a une expansion, un plus grand ressenti de liberté, et un plus profond ressenti d’amour.

Donc, la question est là : échangeriez-vous un concept de vous-même – quelque chose dont vous ressentez que cela vous apporte beaucoup d’amour – contre quelque chose d’autre, à moins d’avoir l’expérience de ce quelque chose d’autre ? On ne nous demande pas d’imaginer ce que cet état pourrait être, ni de juste avoir foi dans le fait qu’il y a quelque chose de meilleur qui nous attend. Nous pratiquons et ainsi autorisons le miracle à survenir et le Saint-Esprit à faire son travail, et c’est ce qui constitue le changement de concept de soi.

Quand j’ai commencé à lire le Cours en 1986, je l’ai quasiment fait tout seul. Puis vers 1990, des gens autour de moi se sont sentis appelés à plonger plus en profondeur avec moi dans le Cours. On aurait pu mettre comme titre à cette période de ma vie : ‘Marié avec enfants’.

Je me souviens d’être parti en voyage avec une amie et elle avait les mêmes ressentis que ceux que vous exprimez aujourd’hui. Je lui ai dit que je pensais qu’elle allait être agréablement surprise parce que ses enfants allaient vraiment être avec nous au cours de ce voyage. Chaque enfant qu’elle voyait était son enfant – à part que ce n’étaient pas ses enfants biologiques – et qu’elle aurait de merveilleuses rencontres avec eux. Cela a été le début de leçons en matière de forme et de contenu. Quoi que nous percevions dans ce monde, quoi que l’on perçoive dans la forme, cela nous montre que le contenu est l’amour et la forme est ce qui semble apporter le contenu jusqu’à nous.

Nous pouvons devenir très attachés à une forme spécifique et penser que cela nous définit. Pourtant quand nous nous ouvrons à l’Esprit, nous pouvons avoir la même nature d’expérience ou de connexion mais la forme est différente. L’Esprit nous dit progressivement que la forme n’est pas importante. L’Esprit ne vient pas d’un coup dire que la forme ne compte pas, mais petit à petit, ces profondes expériences d’amour commencent à nous arriver, cela peut même être avec des animaux. Ce ne sont que des symboles.

Ce que vous aimez, vous allez le voir tout au long de vos voyages. Un bon exemple est celui de Kirsten. Kirsten a grandi en Nouvelle Zélande et elle était habituée aux plages, aux lacs et aux autres formes d’eau. Quand on a voyagé de par le pays et de par le monde, on a vu des symboles d’eau, de lacs, de rivières et d’océans. Kirsten aime aussi beaucoup la crème glacée. Quand on était en Amérique du Sud, les symboles de crème glacée n’arrêtaient pas de surgir de partout pour elle.
L’ego ne peut pas empêcher l’Esprit d’utiliser les symboles. Quand vous commencez à vivre cela et à avoir ces expériences, vous êtes amenés dans un état d’esprit plus vaste.

Avec les enfants, les identifications sont présentes. Vous voulez toujours qu’ils fassent partie de votre vie et vous voulez être une partie de la leur. Quand ces identifications commencent à se dissoudre, vous ressentez un profond amour pour eux. L’essence de qui ils sont est l’essence de qui vous êtes et cette essence veut juste briller et briller encore.

Un passage qui m’a aidé est celui du livre de Khalil Gibran Le prophète où il écrit ‘Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont les fils et les filles de la vie qui se languit d’elle-même. Ils viennent au travers de vous mais ils ne sont pas les vôtres.’ C’est une si belle réorientation des enfants, un vue poétique de cette profonde expérience mystique. Vous n’avez rien ‘sacrifié’, vous expérimentez une plus grande conscience d’amour.

Les enfants oublient si facilement. Etant adulte, c’est plus difficile d’oublier à cause de notre éducation et du conditionnement. En tant qu’adultes, les rôles sont dévolus et agis répétitivement. Soit notre esprit nous emprisonne, soit nous apprenons à relâcher les illusions de notre esprit.

Ce à quoi nous donnons notre attention nous libère ou nous emprisonne. Notre idée de ce qu’est l’amour n’est aucunement comparable à l’amour de Dieu pour nous. Vous êtes bien plus que vous en pensez être ; bien, bien plus. ‘Je ne peux pas figer ton image dans le temps, essayer de te changer ou t’avoir à moi mais je peux me rendre à l’Amour que tu es destiné à être. Le plus beau cadeau que je puisse te donner est de te rendre à ce à quoi tu es destiné. Quand je te donne à l’amour, je me donne de l’Amour.’ (De Give you back to Love by Donna Marie Carey).

Si vous saviez seulement ce qui vous attend dans la conscience de l’Amour, vous voudriez bondir dans le Ciel. Quoi qu’il semble y avoir en travers du chemin, quelques soient les obstacles qui vous font souffrir, s’il vous plaît, donnez-les au Saint-Esprit. Le Saint-Esprit ne vous laissera jamais tomber.

Quand on laisse ces concepts de nous-mêmes être lavés, on a de plus en plus d’expériences d’expansion. Ces expériences nous mènent de plus en plus haut dans la conscience. Nous avons besoin de ces expériences pour nous éveiller.

Ami : Pourquoi voudrait-on abandonner quelque chose de familier et connu pour quelque chose de non familier et inconnu ?

David : Au plus vous étudiez la métaphysique du Cours, au plus vous réalisez que nous avons tout pris à l’envers. Ce sont les illusions que nous avons faites pour les connaître et nous sembler familières que nous avons à relâcher.

C’est seulement au travers de l’expérience des miracles qu’il nous est montré que notre foi n’est pas un foi aveugle. La foi est récompensée au travers de l’expérience de la paix, la liberté, la joie et le bonheur. C’est ce qui arrive quand le jeu est mené par Dieu ou ces expériences plus pleines de Dieu. Comment aller au delà des croyances dans un monde de croyances sans expériences ? C’est au travers de ces expériences que nous nous approchons d’états de conscience plus élevés, vers le pardon. Le pardon est une expérience.

Ami : J’ai l’impression d’avoir une responsabilité envers ma mère

David : Quand on voit des responsabilités, des devoirs, etc., on voit comment l’ego a attaché des pseudo responsabilités et des chaînes au monde. L’ego a inventé les corps, les responsabilités, et les devoirs qui sont de faux concepts visant à remplacer Dieu. Les rôles de mère/fille sont des ‘idéaux de l’égo’.

Les idéaux de l’ego ne sont absolument pas atteignables car ils sont toujours des substituts pour Dieu. A la surface des choses, comme ils ne dont pas atteignables, il ne faut jamais l’interpréter comme ‘ne pas être assez bien’. L’ego nous dit même que nous ne sommes pas d’assez bons étudiants du Cours (rires). L’ego fait un idéal de chaque chose et dit : ‘Oups ! Tu as de nouveau loupé le coche ! Tu es coupable, condamné, etc. L’ego est vraiment vicieux et vous attire vers les standards du monde.

Le Cours ne vous appelle pas à être irresponsable ; il vous appelle au plus haut degré de responsabilité qui soit. En fait, c’est la seule responsabilité qui existe vraiment. Jésus vous dit que vous n’avez pas de responsabilités complexes, juste une et une seule – accepter l’expiation pour vous-même, accepter la correction faite à l’ego. Tout l’entraînement de l’esprit est d’accepter l’expiation pour soi-même.

Vous êtes responsable de ce que vous voyez et percevez. Vous choisissez les ressentis que vous expérimentez. Vous décidez des objectif que vous voulez atteindre. Vous êtes responsables de ce qui vous arrive. Vous recevez selon ce que vous avez demandé.

Toutes choses conspirent ensemble au bien pour ceux qui aiment Dieu. Rien de ce dont vous avez besoin ne va vous être refusé. C’est comme dire au Saint-Esprit : ‘Ok, Saint-Esprit, il va falloir que tu me convainques que vraiment, je n’ai qu’une responsabilité contrairement à ce que m’ont inculqué mes apprentissages et conditionnements passés’. Les conditionnements et apprentissages du passé se défont tandis que nous nous en remettons continuellement au Saint-Esprit. Cela ne se passe pas instantanément. Le processus de lâcher-prise prend un temps. Les choses ont besoin d’être dissipées. Le Saint-Esprit doit guider et indiquer la voie. Pour cela il faut le désir de les donner à l’amour, de rendre ces rôles et concepts de l’ego au Saint-Esprit. Cela ouvre aux miracles et à la guérison.

L’ego a fabriqué un substitut à Dieu et des rôles qui ne sont pas à prendre à la légère. La violation de ces lois faites par l’ego, aux yeux du monde, pourraient sembler honteux ou coupables. Dans ce cas, ce serait le rôle de la mère ou le rôle de la fille qui n’atteindrait pas l’idéal de l’ego – en sachant bien que ces idéaux sont inatteignables. C’est pourquoi l’ego les a d’abord inventés.

L’ego veut vous dire que vous n’être pas une assez bonne mère, fille, citoyenne : même pas un assez bon étudiant du Cours. Coupable, coupable, honteux, honteux.

Quand vous faites confiance au Saint-Esprit, les miracles arrivent naturellement et fréquemment. Une paix de l’esprit durable est possible. Nous croyons que dans les rôles que nous avons – comme ceux de parents – nous pouvons mieux prendre soin de nos fils et filles que le Saint-Esprit, quelque soit leur âge. Cela n’a pas d’importance que vous ayez 90 ans et que votre fils en ait 70 – vous allez quand même jouer le rôle de parent à cause de votre éducation et conditionnement acquis dans le monde, et vous allez toujours croire que vous pouvez vous en occuper mieux que le Saint-Esprit et vous ne reconnaissez pas l’arrogance de cela. Tant que vous vous sentez responsable, vous allez endosser tout ce bagage, tout ce conditionnement. Vous êtes toujours attachés à vos concepts de vous-même. Déchargez-vous de vos responsabilités sur le Saint-Esprit et acceptez juste la simple et unique responsabilité de l’expiation pour vous-même et faites confiance à Dieu pour tout le reste.

Donc tant que vous vous sentez responsable sans nécessité, vous vous accrochez toujours à votre concept de vous-même et vous portez un bagage excédentaire. Aussitôt que ce lâcher-prise est fait, l’amour vrai vous inonde et vous pouvez en toute vérité dire à votre fils ou fille ‘Je t’aime.. vraiment’.

L’éveil n’implique pas un prix à payer. Personne n’est laissé sur le carreau, personne ne paie le prix de votre bonheur. Le malheur des autres n’est pas le prix de votre bonheur. Quand vous vous ouvrez à votre propre joie et bonheur, le monde entier s’ouvre pour refléter cette joie et ce bonheur. Ce qui est à l’intérieur se projette à l’extérieur. Il n’y a pas de monde en dehors du mien. Tout est conscience.

Si vous croyez que les gens souffrent, vous allez sûrement le percevoir au-dehors. La malperception et la croyance erronée doit être observée depuis l’intérieur. Quoi que vous trouviez à l’intérieur, vous allez le trouver à l’extérieur aussi jusqu’à ce que vous réalisiez qu’il n’y a ni intérieur ni extérieur, qu’il n’y a qu’une perception unifiée de la connexion de l’Amour.

Tous les Messagers de la Paix peuvent attester de ce lavage et rinçage de paix encore et encore qui se fait en faisant face aux émotions personnelles – sans s’enfuir ou se mettre en retrait de ces rencontres. Les conflits familiaux, les distorsions et les concepts peuvent être vus dans la lumière qui vient d’être totalement présent. Ils peuvent être vus dans la lumière du moment présent comme des rencontres saintes, sans exception.

David donne un exemple de Jason et des conflits et distorsions qu’ils a eus avec sa famille. Sa mère l’appelait quand elle s’en faisait pour lui. Si David répondait au téléphone, il écoutait et était présent, et elle vidait son cœur et de merveilleuses expressions avaient lieu. Cela n’arrivait pas quand Jason parlait à sa mère.

David : On perçoit ce qu’on croit. Quand on autorise nos croyances à être lavées de notre esprit, on attire des témoins de notre état d’esprit. C’est comme cela que cela marche. Le monde ne fonctionne pas à part de notre conscience ou à part de notre esprit. Les croyances sont sous la direction de l’esprit.

Si vous gardez votre esprit immaculé, clair et aligné, alors vous percevez le monde qui reflète cet esprit immaculé. C’est de cela qu’il s’agit dans le rêve heureux. C’est pour cela qu’il s’appelle comme cela !

Le rêve heureux est joyeux et on l’appelle même le monde réel car il est aussi proche de la réalité que c’est possible. Pour ma part, je suis lavé et nettoyé dans chaque rencontre sainte et chaque instant saint.

Quand on parle d’expériences où on traverse ce processus d’éveil, parents, enfants, endroits géographique, amitiés – toutes ces choses- viennent à la conscience avec de forts attachements émotionnels et on pratique le pardon. A la fin ces concepts s’assouplissent de plus en plus et on est élevé à cette unique responsabilité.

Ami : Graduellement, après ce processus d’abandon, je sens que je commence à vraiment aimer mes parents et mes enfants. Au fur et à mesure que j’entre de plus en plus profondément dans mon appel, je sens que je tombe amoureuse d’eux à nouveau. Maintenant je vois qu’en les aimant je n’attends rien en retour. Je ne m’accroche à aucune forme d’amour et il n’y a plus d’impression d’attachement à cet amour.

David : L’ego va être ravi de vous indiquer où vous avez des relations particulières – coupable, coupable, coupable.

Vous commencez par ces profonds sentiments d’amour qui sont là dedans et le Saint Esprit va gentiment vous aider à élargir les paramètres au reste de la population de ce monde (rires). On s’ouvre tout simplement à inclure tout le monde dans cet amour, à faire qu’il inclue tout. ‘Particulier’ voudrait dire qu’on dessine des contours et qu’on dit : ‘J’aime ici, ici, ici mais pas ici’. Les limitations n’ont pas de place dans l’Amour Vrai.

J’ai reçu cet email qui disait : ‘Qu’allez vous faire avec cette situation fragmentée de la communauté Cours en Miracles ?’ J’ai répondu : ‘Où est-ce que cela commence et où cela finit-il ? Et pourquoi pensez-vous que c’est fragmenté ?’ Pour moi il n’existe pas de communauté Cours en Miracles.

Pourquoi devrions-nous avoir une communauté dans la forme ou avec des frontières, avec un dedans et un dehors ? Ne tirons pas de lignes et de frontières. Ouvrons-nous, assouplissons nos définitions de parents, enfants, et même de partenaires. Si le Saint-Esprit utilise ces relations particulières pour nettoyer les attentes et les attachements émotionnels, qui sommes-nous pour l’arrêter ? Le Saint-Esprit utilise ce que l’ego a fait pour libérer l’esprit pour que nous puissions célébrer la Grâce de Dieu.

Dans le Cours, Jésus parle de rencontres saintes. Il dit de se rappeler que quand nous rencontrons quelqu’un ‘Comme vous le voyez, vous vous verrez vous-même. Comme vous le traitez, vous vous traiterez vous-même. N’oubliez jamais cela. Car en lui vous vous trouverez ou vous vous perdrez’.

Encore et encore au long du Cours, on nous rappelle qu’il n’y a qu’un de nous ici, seulement un de nous. Comme nous percevons, comme nous traitons les autres, comme nous pensons, nous nous expérimentons nous-même. Quand nous pensons à nous-même en termes égoïques, nous percevons un monde fragmenté de particularité. Quand on donne cela au Saint-Esprit, on voit que cela ne marche plus et qu’on en a plus besoin. Quand cela se passe, les glorieuses expériences d’Unité commencent à survenir sous la forme de miracles. En fait c’est très naturel. C’est comme : ‘Oui, cela semble naturel Aaaaaaah !’

Le Chant de la Prière décrit la prière comme une échelle montante. La prière est faite au niveau où vous êtes, et où que vous soyez, c’est parfait. La forme plus basse de la prière est une approche plus dualiste. Chaque fois que vous priez pour un désir spécifique, vous demandez au passé d’être répété dans le présent. Plus la forme de prière est élevée, plus l’expérience d’Unité est ressentie. Quand vous arrivez au haut de l’échelle, votre prière est ‘Père, quel est ton désir pour moi ?’ Une fois que cela devient votre prière authentique, la réponse est donnée immédiatement et l’échelle disparaît.

Share This